Bios
Mon premier lis et rédige, mon second filme et colorise, mon troisième conçoit et corrige des logiciels. Mon tout se balade dans la rue, l’appareil à la main et cherche l’instant à saisir. Qu’est-ce que cette charade farfelue signifie ? Simplement que trois bougres en apparence très différents se sont trouvé une passion commune : la photographie. En font-ils un bon usage ? Vous en serez juge.
L’historien de service, c’est Manu. Passionné par l’histoire, la musique, le cinéma et la photographie, il s’est mis à taquiner le déclencheur dès l’âge de cinq ans avec le Polaroid que son père lui avait ramené des États-Unis. Un trésors pour un petit français ! Ce faisant, il apprit les bases de la composition. Le Polaroid se transforma en automatique Canon, puis en réflex Nikon (argentique puis numérique) et enfin en appareil sans miroir Sony NEX-7, un outil discret et efficace de haute précision. L’évolution de son matériel suivait celle de sa photographie. Au cour de ses pérégrinations, il se découvrit un goût prononcé pour la photographie de rue. D’abord dilettantes, éloignées, ses prises de vue se rapprochèrent des gens et de leur environnement. Technophile, il sût tirer profit des dernières technologies logicielles et matérielles pour apprendre et se perfectionner. Ayant appris sur pellicule, il tente de tirer la quintessence de chaque image, explorant de nouveaux cadrages et de nouvelles approches. Il cherche à saisir le monde et à le montrer tel qu’il est, sous un angle objectif et esthétique, autant que faire se peut.

Nous avons aussi un cinéaste, Chuck. Il pris son élan vers la photographie depuis une planche à neige, domaine dans lequel il comptait évoluer. Jugeant les risques trop élevés, il trouva un autre moyen de poursuivre sa passion : la photographie. À défaut d’être un athlète, il allait les suivre et les mettre de l’avant avec son nouvel outil photographique. Ce faisant, il parcouru le continent et put faire subir à son art nouveau l’examen de la diversité. Puis le photographe devint aussi cinéaste, toujours dans les sports extrêmes. Il s’entraîna avec des caméras anciennes, dont du 16mm, perfectionnant sa technique et ses approches. Il s’orienta ensuite vers la colorisation, mettant à profit tout son savoir acquis par la photo et la vidéo. Couleurs et tonalités formaient son nouveau monde professionnel. C’est cependant à l’achat de son premier Leica M, un M9 pour être exact, qu’il se lança dans la photographie de rue avec cet outil de prédilection. Son objectif ? Documenter son univers, sous toutes les coupures et avec talent. Il mitraille pour son plaisir et le nôtre, sans autre but. Mais n’est-ce pas de là que jaillit la réelle beauté de la rue, en déambulant sans raison devant une scène unique qu’il faut saisir ?

Arrive enfin notre informaticien, Jérôme. Ironiquement, c’est le seul d’entre nous à utiliser principalement de la pellicule. Armé de ses Leica M4 et MP, Jérôme nous ramène à l’intégrité photographique. Ce passionné de graphisme, de cinéma, de peinture et de musique a un œil aiguisé et une approche plus traditionnelle que ses deux comparses ayant cédé au numérique. Lui fit le cheminement inverse, passant du Nikon numérique au télémétrique argentique. À l’image de celles du Seigneur, les voies de la photo son impénétrables pourrait-on dire. Il s’ouvrit les yeux pour la photo lors de son arrivée à Montréal il y a quelques années. Ce nouveau paysage urbain le frappa et lui donna envie d’explorer les arts graphiques qu’il aimait, mais pour lesquels il n’avait jamais rien produit. Il voulait tout prendre, tout documenter et cette envie ne l’a jamais quitté. Il ne sort jamais tout nu, enfin, sans son appareil. Tri-X et Acros et HP5 sont ses rétines, Summicron et Elmarit ses yeux. Avec cela, il contemple, examine et saisi le moment. Il nous ramène sur terre, et sait utiliser la noirceur comme Chuck la couleur.

Tous trois croient en une approche simple, rapide et efficace. Tous trois ont choisi des outils similaires, mais pas identiques. Tous trois essayent de nous montrer le monde tel qu’ils le perçoivent, chacun à leur façon. Vous serez juge de leur réussite ou de leur échec.